Un continent, un clic : les règles qui portent l’ambition numérique de l’Afrique

À Unstoppable Africa 2026, à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le Secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a expliqué pourquoi l’opportunité numérique du continent dépend de règles communes — et ce que le Protocole sur le commerce numérique de la ZLECAf entend mettre en place.

NEW YORK — En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le Secrétaire général du Secrétariat de la ZLECAf, S.E.M. Wamkele Mene, a pris part à la conversation « One Continent, One Click: Creating Africa’s Digital Trade Age » lors d’Unstoppable Africa 2026, rencontre phare de la Global Africa Business Initiative (GABI), une plateforme qui s’attache à renforcer la place de l’Afrique dans l’économie mondiale.

Derrière l’intitulé de la séance se tient une question très concrète. L’économie numérique africaine grandit. Qu’elle grandisse comme une mosaïque de marchés nationaux ou comme un seul marché continental, c’est une affaire de règles.

L’ampleur de l’opportunité

Le Secrétaire général a situé l’opportunité au-delà de 700 milliards de dollars d’ici 2035, selon la Société financière internationale, en précisant où se loge cette valeur : dans les dépenses de consommation et le PIB générés par les paiements numériques, le transfert et le traitement des données, la banque mobile, les technologies de la santé et les technologies agricoles, entre autres pans de l’activité numérique.

Ce chiffre décrit un potentiel, non un résultat acquis d’avance. Un paiement qui ne passe pas la frontière, une entreprise qui ne peut pas prouver son identité à un client d’un autre pays, des données qui ne peuvent pas circuler légalement : chacun de ces obstacles laisse une part de cette valeur inexploitée.

Le corpus de règles

Le Protocole sur le commerce numérique de la ZLECAf est le cadre juridique continental conçu pour lever ces obstacles. En février 2025, lors de sa 38e session ordinaire, la Conférence de l’Union africaine en a adopté huit annexes, qui en constituent le cœur.

Elles portent sur les règles d’origine ; les identités numériques ; les paiements numériques transfrontaliers ; les transferts transfrontaliers de données ; les critères permettant de déterminer les motifs légitimes d’intérêt public justifiant la divulgation du code source ; la sécurité et la sûreté en ligne ; les technologies émergentes et avancées ; et les technologies financières.

Lues ensemble, ces annexes répondent aux questions qu’une entreprise numérique rencontre dès qu’elle franchit une frontière : comment une entreprise ou un client prouve son identité, comment un paiement se règle, où les données peuvent aller, et quelles protections s’appliquent en ligne.

Les technologies émergentes, et ceux qui peuvent s’en servir

L’intelligence artificielle s’est invitée dans l’échange. Le Secrétaire général a présenté le Protocole comme un cadre tourné vers l’avenir, capable d’accompagner les technologies émergentes, dont l’IA — un domaine que le cadre traite dans son annexe consacrée aux technologies émergentes et avancées.

L’inclusion a traversé toute la discussion. L’ambition exposée à New York ne se limite pas à un marché numérique plus vaste : c’est un marché où les jeunes et les petites et moyennes entreprises peuvent prendre part, innover et contribuer à en dessiner la suite.

Le marché pour lequel ces règles sont écrites

L’Accord portant création de la ZLECAf est entré en vigueur le 30 mai 2019, et les échanges sous son régime ont débuté le 1er janvier 2021. Il réunit les 55 États membres de l’Union africaine au sein d’un marché unique de près de 1,4 milliard de personnes, pour un produit intérieur brut cumulé de près de 3 400 milliards de dollars américains. Le commerce intra-africain a dépassé 220 milliards de dollars en 2024, selon le Secrétaire général.

C’est dans le numérique que se jouera une large part de l’étape suivante. Un marché de cette taille ne fonctionne comme un seul marché que si une entreprise d’un État partie peut vendre, être payée et fournir un service dans un autre avec la même assurance que chez elle.

De l’adoption à l’usage

L’adoption est une première étape, pas la dernière. Le Protocole et ses annexes atteignent les entreprises à mesure que les États parties les ratifient et les transposent dans leur droit national. Le Secrétariat accompagne ce travail par une assistance technique aux États membres qui alignent leur cadre national sur le Protocole.

L’intitulé de la séance résumait l’ambition en quelques mots : un continent, un clic. Le Protocole est le corpus de règles qui doit les rendre vrais pour une entreprise, d’un côté comme de l’autre d’une frontière.

Chiffres clés

ÉLÉMENTFAIT
ÉvénementUnstoppable Africa 2026, rencontre phare de la Global Africa Business Initiative (GABI) — New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies
SéanceConversation « One Continent, One Click: Creating Africa’s Digital Trade Age »
IntervenantS.E.M. Wamkele Mene, Secrétaire général, Secrétariat de la ZLECAf
Opportunité numériquePlus de 700 milliards de dollars d’ici 2035, selon la Société financière internationale (chiffre cité par le Secrétaire général lors de la séance)
Domaines citésPaiements numériques ; transfert et traitement des données ; banque mobile ; technologies de la santé ; technologies agricoles
Cadre juridiqueProtocole sur le commerce numérique de la ZLECAf
AnnexesHuit, adoptées en février 2025 lors de la 38e session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine
Objet des annexesRègles d’origine · identités numériques · paiements numériques transfrontaliers · transferts transfrontaliers de données · critères d’intérêt public légitime pour la divulgation du code source · sécurité et sûreté en ligne · technologies émergentes et avancées · technologies financières
Marché de la ZLECAf55 États membres de l’UA · près de 1,4 milliard de personnes · PIB cumulé de près de 3 400 milliards de dollars américains
Entrée en vigueur30 mai 2019 · échanges depuis le 1er janvier 2021
Commerce intra-africainPlus de 220 milliards de dollars en 2024 (chiffre énoncé par le Secrétaire général)
Appui à la transposition10 demandes d’assistance technique reçues d’États membres pour aligner leur cadre national sur le Protocole (Secrétariat de la ZLECAf)
AfCFTA Digital Innovation Challenge505 candidatures à la première édition, dont 32,4 % de femmes (Secrétariat de la ZLECAf)

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