Le Corridor de commerce numérique de la ZLECAf — cinq points à retenir

1.  Ce qui a été signé, et par qui

Le 31 août 2026 à Accra, le Secrétariat de la ZLECAf et la société Quest Ghana Limited ont signé l’accord de coentreprise portant création du Corridor de commerce numérique de la ZLECAf. La République des Seychelles apporte son appui souverain à la coentreprise et en accueillera le siège, à Victoria. La signature fait suite à un protocole d’accord conclu en mars 2026 et à son approbation par le Conseil des ministres seychellois en juillet.

2.  Ce qu’il doit bâtir

Quatre capacités, que la coentreprise concevra, développera et exploitera : une place de marché numérique, des paiements transfrontaliers interopérables, la logistique, et des services de négoce, de traçabilité et de règlement pour les minerais et les produits de base à l’échelle du continent. L’annonce mentionne également le développement d’une bourse numérique africaine des minerais et des produits de base et d’un système de paiement transfrontalier interopérable à l’échelle du continent.

3.  Sa place dans l’Accord

À Accra, le Secrétaire général a présenté l’accord comme établissant une relation juridique formelle pour l’opérationnalisation du Protocole sur le commerce numérique. L’Accord portant création de la ZLECAf est entré en vigueur le 30 mai 2019 et réunit les 55 États membres de l’Union africaine au sein d’un marché unique de près de 1,4 milliard de personnes, pour un produit intérieur brut cumulé de près de 3 400 milliards de dollars. C’est la plus vaste zone de libre-échange au monde par le nombre de pays participants.

4.  Les chiffres, et ce que chacun mesure

Quest Ghana Limited évalue le projet à 5,17 milliards de dollars. À Accra, le Secrétaire général a fait état de plus de 5,1 milliards de dollars d’investissement privé mobilisés avec l’appui d’organismes publics, en précisant qu’il en faudrait davantage : « il nous faudra des milliards et des milliards de dollars, du secteur privé comme du secteur public, pour investir dans l’infrastructure numérique de l’Afrique ». Il a par ailleurs évalué à plus de 5 milliards de dollars par an le coût des paiements liés au commerce intra-africain. Ces deux montants d’ordre comparable ne désignent pas la même chose : l’un est un investissement réuni une fois, l’autre une charge annuelle.

5.  Ce qu’il ne change pas

La détermination des taux de change demeure la prérogative des banques centrales nationales. « Nous n’avons retiré aux banques centrales aucune part de cette prérogative essentielle », a déclaré le Secrétaire général à Accra, rappelant que vingt et une banques centrales opèrent déjà sur le système de paiement continental et que chacune y fixe elle-même son taux. L’infrastructure sera conçue, développée et exploitée par la coentreprise. Et le Corridor n’est pas présenté comme la seule réponse : « nous soutenons une pluralité de solutions pour répondre au coût des paiements liés au commerce intra-africain », a-t-il précisé.

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