Accra, le 7 juillet 2026
Le Secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), S.E. Wamkele Mene, était l’invité de l’émission BREAKFAST sur la Télévision ghanéenne (GTV), à Accra, le 7 juillet 2026, pour un entretien de fond sur l’état du marché unique africain et sur le basculement désormais engagé — de la négociation des règles du commerce continental à leur mise en œuvre.
La mise en œuvre, a-t-il affirmé, est la priorité. “Garantir l’application effective des règles convenues pour le libre-échange demeure notre priorité absolue”, a déclaré le Secrétaire général, ajoutant que “nous allons dans la bonne direction pour intensifier le commerce intra-africain.” Les échanges intra-africains ont dépassé 220 milliards de dollars en 2024 — un résultat porté, a-t-il souligné, par le secteur privé et non par les États.
Ce constat place l’entreprise au cœur du travail du Secrétariat. “L’essentiel de notre action consiste à encourager le secteur privé à prendre les commandes de la croissance et du développement”, a-t-il indiqué, insistant sur le fait qu’“un investissement privé accru est indispensable à une croissance et à un progrès durables.”
Le Secrétaire général a rappelé le caractère inclusif de la ZLECAf. “La ZLECAf vise à permettre aux entreprises détenues par des femmes de prospérer et de gagner en compétitivité”, a-t-il affirmé, relevant que “nous voyons de plus en plus de jeunes, à travers l’Afrique, prendre leur destin en main”, et présentant le Forum sur le commerce numérique comme “une plateforme qui permet aux fintechs, aux investisseurs et aux jeunes entrepreneurs d’explorer de nouvelles opportunités.”
Sur la mobilité et l’intégration, il n’a pas éludé le chemin restant : “La fragmentation de notre continent est profonde, et notre objectif est d’abattre ces barrières.” Il a salué la diffusion des politiques d’ouverture — “Nous progressons vers la libre circulation des personnes en Afrique” — avant d’ajouter : “J’espère que davantage de pays africains adopteront le visa à l’arrivée.”
Il a inscrit l’enjeu dans une perspective générationnelle : “Notre objectif est de créer un environnement où, d’ici 2050, un Africain sur quatre aura accès à un emploi ou à une opportunité entrepreneuriale”, prévenant qu’“il nous faut avancer avec rapidité et détermination, car de plus en plus de personnes attendent des avancées.”
Interrogé sur les récentes violences xénophobes en Afrique du Sud, le Secrétaire général s’est exprimé sans détour. “Je suis profondément honteux des actes dont nous avons été témoins en Afrique du Sud, et je courbe la tête de honte.” Il a souligné que “qu’une personne soit en situation régulière ou non, il incombe au gouvernement sud-africain de protéger la dignité et les droits humains de chacun”, et que “les instigateurs de ces attaques doivent être identifiés et traduits en justice”, rappelant que “de nombreux pays africains ont joué un rôle déterminant dans la lutte pour la liberté dont jouit aujourd’hui l’Afrique du Sud.”
Les dix points à retenir de l’entretien
- La mise en œuvre est désormais tout l’enjeu Les règles sont négociées, le marché existe ; la priorité est de les appliquer pour que les entreprises s’en saisissent — avec une cible claire : doubler le commerce intra-africain d’ici 2035.
- 220 milliards de dollars d’échanges intra-africains en 2024 — portés par l’entreprise Le chiffre de 2024 a été généré par le secteur privé, non par les États. Le rôle des gouvernements est de créer l’environnement favorable, à travers la ZLECAf.
- Le secteur privé doit prendre les commandes Le cœur du travail du Secrétariat est de permettre à l’entreprise de mener la croissance et le développement ; un investissement privé accru est indispensable à un progrès durable.
- Conçue pour les femmes et les jeunes La ZLECAf œuvre à rendre les entreprises détenues par des femmes plus compétitives, et le Secrétaire général voit de plus en plus de jeunes Africains prendre leur destin en main.
- La libre circulation s’ouvre — mais lentement La fragmentation est profonde ; l’objectif est d’abattre ces barrières. Le Secrétaire général a salué le visa à l’arrivée et espère que davantage de pays suivront.
- Le numérique, plateforme des jeunes Africains Le Forum sur le commerce numérique relie fintechs, investisseurs et jeunes entrepreneurs à de nouvelles opportunités ; les outils numériques peuvent réduire le coût des échanges intra-africains.
- Industrialiser : récompenser ceux qui transforment sur place Tout pays qui s’engage sérieusement dans le développement industriel en récoltera les fruits — la valeur ajoutée en amont plutôt que l’exportation de matières brutes.
- La monnaie unique est un objectif, pas une étape immédiate Elle demeure un objectif clé, mais le Secrétaire général en mesure lucidement la complexité ; les outils numériques offrent des gains d’efficacité à court terme.
- Les PME sont le moteur, et le temps presse Les PME sont des moteurs essentiels de la croissance africaine ; l’objectif est que, d’ici 2050, un Africain sur quatre ait accès à un emploi ou à l’entrepreneuriat.
- Sur la xénophobie en Afrique du Sud, le Secrétaire général a été sans équivoque Il a courbé la tête de honte ; affirmé que l’État doit protéger la dignité de chacun, en situation régulière ou non ; et appelé à traduire les instigateurs en justice, rappelant le rôle du continent dans la liberté de l’Afrique du Sud.
À propos de la ZLECAf
La Zone de libre-échange continentale africaine est le projet phare de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. L’Accord est entré en vigueur le 30 mai 2019, les échanges ayant débuté le 1er janvier 2021. Le Secrétariat de la ZLECAf, basé à Accra (Ghana), coordonne la mise en œuvre de l’Accord et est dirigé par le Secrétaire général S.E. Wamkele Mene.
Contact presse
Secrétariat de la ZLECAf — Division de la communication
M. Alexandre Siewe Leupi, Senior Advisor, Communication — Alexandre.Siewe@au-afcfta.org
Mme Yafika Chitanda, Chargée de communication — Yafika.chitanda@au-afcfta.org
info@au-afcfta.org · https://au-afcfta.org












